Crédit photo : ©Anissa Hammadi pour Le Parisien

Marchés de Malakoff & Délégation de Services Publics

20, Mai, 2026 | Nos propositions

Intervetion d’Emmanuelle Jannès le 20 mai 2026 au conseil municipal sur la DSP des marchés de Malakoff

Madame la Maire,
Chers collègues,

Merci pour ce bilan, dont nous prenons acte. Il nous donne toutefois l’occasion de formuler une alerte claire : la délégation de service public confiée à la société Loiseau pour la gestion des marchés de Malakoff nous semble aujourd’hui avoir atteint ses limites.

À l’heure où le pouvoir d’achat des habitantes et des habitants est de plus en plus fragilisé, nous devons nous demander si le modèle actuel permet réellement de garantir des marchés accessibles, vivants et utiles à toutes et tous.

Aujourd’hui, les marges dégagées par le délégataire nous interrogent, alors même que le service rendu n’est pas toujours à la hauteur des enjeux. Les commerçants pourraient-ils proposer des tarifs plus accessibles si les coûts de location des emplacements étaient revus à la baisse ? La Ville pourrait-elle mieux orienter le marché vers les circuits courts, les produits de qualité et une offre plus abordable ? Nous pensons que oui.

Nous constatons aussi que les engagements environnementaux ne sont pas suffisamment appliqués. L’exemple des emballages plastiques est parlant : leur interdiction est prévue, mais elle reste trop peu respectée. Le rapport d’activité n’en fait d’ailleurs presque pas état. Si Malakoff veut être exemplaire en matière d’écologie, son marché ne peut pas devenir un angle mort de cette politique.

Nous interrogeons également la durée de cette délégation : quinze ans, c’est long. Trop long, peut-être, lorsque cela installe une forme de routine, sans réelle incitation à innover, à réduire les coûts ou à améliorer le service rendu aux commerçants comme aux usagers.

Trois commissions par an, c’est bien. Mais si les décisions prises ne sont pas réellement mises en œuvre, quel est leur effet concret ? Le rapport reste très insuffisant sur ce point.

Nous voulons aussi attirer l’attention sur le marché Barbusse, qui ne répond toujours pas aux objectifs d’attractivité du Sud de Malakoff. L’offre y reste limitée, les tarifs élevés, et ce marché ne joue pas encore pleinement son rôle dans la vie commerciale du quartier.

À Malakoff, le marché Nord est un poumon commercial. C’est un service public majeur. C’est pourquoi nous demandons que la Ville étudie sérieusement une reprise en main, y compris le scénario d’une remunicipalisation, comme d’autres collectivités ont su le faire.

La Ville a su reprendre la main sur les crèches. Pourquoi ne pas ouvrir la même réflexion sur les marchés, le stationnement ou d’autres services aujourd’hui délégués ?

Car le risque est réel : voir la mairie devenir peu à peu un simple pilote de prestataires, une chambre d’enregistrement de services assurés par d’autres.

Notre position est simple : quand un service est essentiel à la vie quotidienne des habitantes et des habitants, la Ville doit garder la main.

Un service public, ça ne se regarde pas fonctionner de loin.
Ça se pilote, ça se contrôle, et quand c’est nécessaire : ça se reprend.