Pour un urbanisme transitoire
Intervetion de Anaïs Lunet le 20 mai 2026 aun conseil municipal sur la télésurveillance du site désaffecté rue Jules-Ferry
Madame la Maire,
Cher·es collègues,
Je souhaite intervenir sur la décision DEC2026_130, qui concerne un contrat de télésurveillance pour un site Sonepar rue Jules-Ferry.
Je comprends évidemment qu’un bâtiment vide doit être sécurisé. Un site désaffecté peut poser des questions de sûreté, de dégradations, et il est normal que la Ville prenne ses responsabilités et des dispositions de sécurité qui coûtent à la collectivité.
Mais qui coûtent aussi en occasions manquées.
Dans une ville aussi dense que Malakoff, où tant d’associations, d’artistes, d’artisans et d’artisannes, de collectifs ou de structures de l’économie sociale et solidaire manquent d’espaces ; un lieu vide ne devrait pas rester seulement un lieu à surveiller.
Il faut occuper ces lieux.
L’urbanisme transitoire n’est pas une lubie.
Ce n’est pas de l’improvisation.
C’est une méthode.
Cela suppose un diagnostic du bâtiment, un cadre juridique, des conventions d’occupation, des règles de sécurité, une animation, une sélection des porteurs et porteuse de projet de projets.
Et nous savons le faire.
Malakoff l’a déjà fait, comme à l’Apostrophe dans les anciens locaux de la CPAM ou actuellement au Toboggan au sein de l’ancienne Crèche Wilson confié aux bons soins du tiers lieux La Tréso. Nous pouvons également travailler avec des acteurs spécialisés, comme Plateau Urbain, avec qui la ville a déjà travaillé.
Je m’exprime ici en tant qu’élue et habitante, mais aussi à partir de mon expérience professionnelle : en tant qu’ancienne co-gérante du tiers-lieu Casaco et ancienne Secrétaire Générale du Haut Conseil à la vie associative, et je sais à quel point ces lieux peuvent devenir des laboratoires de lien social, de démocratie locale, d’expérimentation écologique, culturelle et solidaire ; bref des espaces utiles, vivants et ouverts sur le quartier.
Ma question est donc la suivante : avant de nous engager durablement dans une logique de surveillance d’un lieu vide, avons-nous étudié la possibilité d’une occupation transitoire du site Sonepar ? Et si cela n’a pas encore été fait, pouvons-nous nous engager à réaliser une étude de faisabilité ?
Parce qu’à choisir, je préfère que l’argent public serve à faire vivre un lieu plutôt qu’à simplement surveiller son vide.
Edit
La Maire nous a répondu que cette parcelle serait “bien évidemment” utilisée dans le cadre d’une occupation transitoire. Dont acte.
Nous nous en réjouissons, car Malakoff sait déjà faire : La Réserve, Lapostroff avec Plateau Urbain, le Toboggan… Ces expériences montrent qu’un bâtiment ou un terrain en attente peut devenir un lieu vivant, utile, ouvert sur la ville.
Mais nous resterons vigilants.
Un engagement en Conseil municipal doit maintenant se traduire concrètement : avec un calendrier, une méthode, une concertation, des moyens, et une vraie place donnée aux acteurs locaux.