Noms de rues : histoire, contextualisation et concertation

Madame la Maire, chers collègues,

Nous voterons évidemment en faveur de ce vœu.

Les noms de rues, de places, d’impasses ou d’équipements publics ne sont jamais neutres. Ils racontent une histoire, ils transmettent une mémoire, ils disent quelque chose des figures que nous choisissons de rendre visibles dans l’espace commun.

Ce vœu s’inscrit dans une actualité nationale forte. Vingt-cinq ans après la loi Taubira, qui a reconnu la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, l’Assemblée nationale vient d’adopter à l’unanimité l’abrogation du Code noir. Lors de ce débat, le député écologiste Steevy Gustave a rappelé avec beaucoup de force que regarder cette histoire en face, ce n’est pas accuser notre pays : c’est choisir la lucidité plutôt que le silence. C’est permettre la construction d’un avenir commun qui fédère tous les citoyens, quelle que soit leur origine.

À Malakoff, ville ouvrière et populaire, nous n’avons évidemment pas l’histoire des grands ports négriers. Mais notre responsabilité est d’une autre nature : regarder ce que notre espace public transmet, ce qu’il rend visible, et parfois ce qu’il laisse dans l’ombre.

Nous saluons donc la volonté d’engager un travail historique rigoureux sur l’Impasse des Négriers, ainsi qu’une concertation sur la rue Gallieni. Nous saluons aussi la poursuite du travail engagé sur la féminisation et la diversification des noms dans l’espace public.

 

Mais ce vœu ne doit pas ouvrir une logique de gestes symboliques isolés. Il doit être le point de départ d’une méthode : expertise historique partout où les noms peuvent faire controverse, publication des résultats, concertation avec les habitantes et habitants, contextualisation lorsque c’est nécessaire, changement de nom lorsque c’est justifié, et attention concrète aux conséquences administratives pour les riverains.

Notre demande est donc simple : pouvons-nous inscrire ce travail dans une démarche globale sur l’ensemble des dénominations de l’espace public communal, avec une méthode claire, un calendrier et une association réelle des habitants ?

C’est dans cet esprit, à la fois mémoriel, démocratique et constructif, que nous voterons ce vœu.