Budget 2026 : des projets financés, encore trop peu réalisés
Je voudrais faire quelques remarques sur l’exécution budgétaire et sur le budget vert.
D’abord, sur l’investissement : le réalisé est à 58 %, même si le reste à réaliser est indiqué à 85 %. Ce sont donc des projets financés, prévus, mais pas encore réalisés. Et c’est regrettable.
Parce que le problème, visiblement, n’est pas une incapacité financière. Ce n’est pas un manque de moyens. C’est une difficulté à faire, à mettre en œuvre, à transformer les orientations politiques en réalisations concrètes pour les habitantes et les habitants. Et c’est un point sur lequel nous devons collectivement progresser : quand la ville porte des projets, quand elle les finance, elle doit aussi être en capacité de les réaliser.
Ensuite, sur le budget vert. Je trouve évidemment intéressant qu’il soit présenté, et je note qu’à partir de 2027, les obligations légales imposeront d’appliquer les six axes d’analyse. Mais les collectivités ne sont pas obligées d’attendre la loi pour agir. Elles peuvent anticiper, construire leurs propres outils, aller plus loin.
Il y a une différence entre suivre la loi et avoir une démarche réellement volontariste. Si nous attendons systématiquement que l’État nous dise quoi faire pour avancer, alors Malakoff ne peut plus prétendre être une ville pionnière ou progressiste sur ces sujets.
Et je veux insister sur l’axe numéro 2 : l’adaptation au changement climatique et la prévention des risques naturels. Nous sommes en pleine période de canicule. Ce sujet n’est pas théorique. Il est là, maintenant, dans nos rues, dans nos logements, dans nos écoles, dans la vie quotidienne des habitantes et des habitants.
Quand on regarde les résultats présentés, on voit que seulement 12,91 % des dépenses sont classées comme positives sur cet axe. C’est peu. Et surtout, il me semble trop simple de considérer que tout ce qui n’est pas positif serait simplement neutre. Quand une dépense ne contribue pas à l’adaptation climatique, quand elle ne va pas dans le bon sens, il faut au moins l’interroger. Qu’est-ce qui est réellement neutre ? Qu’est-ce qui est défavorable ? Qu’est-ce qui pourrait être transformé ? C’est là que le budget vert devient un vrai outil politique, et pas seulement un exercice comptable.
Malakoff dit vouloir être une ville résiliente. Mais une ville résiliente, ce n’est pas une ville qui réagit quand tout le monde étouffe sous la canicule. C’est une ville qui anticipe. Qui prépare. Qui protège. Qui transforme son urbanisme, ses équipements, ses priorités budgétaires pour faire face aux chocs qui arrivent.
Les écologistes alertent depuis longtemps sur le dérèglement climatique. Quand Emmanuel Macron disait : « Qui aurait pu prédire ? », la réponse était pourtant simple : les scientifiques, le GIEC, les militantes et militants écologistes, et toutes celles et ceux qui alertent depuis des années.
Mais aujourd’hui, la vraie question n’est plus seulement : « Qui pouvait prédire ? »
La vraie question, c’est : « Qui peut agir ? »
Et la réponse, c’est nous. Les responsables publics. Les élus. Les collectivités.
Nous attendons donc avec beaucoup d’attention le budget 2027. Nous espérons qu’il ne sera pas seulement un budget de gestion, ni un budget de compensation, mais un budget capable de changer d’échelle. Un budget qui ne cherche pas simplement à aider les habitants à survivre aux prochaines canicules, mais qui donne à Malakoff les moyens de devenir une ville réellement exemplaire face au dérèglement climatique.